À une heure de la fermeture du mercato estival, le Stade Brestois a trouvé une solution pour Hamidou Makalou, qui rejoint le SC Bastia sous la forme d’un prêt sec d’une saison.
Pour le jeune international malien, ce départ doit avant tout être considéré comme une formidable opportunité de jouer, de prendre de l’expérience et surtout de montrer enfin l’étendue de son talent.
Car à Brest, force est de constater que Makalou n’a jamais véritablement eu l’occasion de s’exprimer. Avec seulement 329 minutes de jeu en 17 apparitions, il est difficile de juger réellement le potentiel d’un jeune joueur lorsque celui-ci doit se contenter de quelques minutes de temps de jeu. Un talent ne peut pas être évalué correctement lorsqu’on ne lui donne pas les conditions nécessaires pour s’exprimer.
Formé à la JMG Académie au Mali, comme Kamory Doumbia et Mamady Diambou, Makalou possède une formation technique et une culture du jeu qui méritent d’être mises en valeur. Son profil demande du temps, de la confiance et surtout de la continuité. C’est en enchaînant les rencontres qu’un jeune joueur peut prendre ses repères, gagner en confiance et démontrer toute la richesse de son jeu.
Cette situation pose aussi une question sur la manière dont certains jeunes talents sont parfois évalués en France. Il existe encore une certaine frilosité dans l’appréciation de profils atypiques, particulièrement lorsque le joueur ne correspond pas aux standards physiques immédiatement recherchés. On peut parfois avoir tendance à regarder d’abord le physique avant de véritablement mesurer l’intelligence de jeu, la technique, la créativité ou la capacité à faire jouer les autres.
L’histoire d’Antoine Griezmann devrait pourtant nous rappeler qu’il faut savoir regarder au-delà du physique.
Lorsqu’il était jeune, Griezmann n’avait pas le profil physique traditionnellement recherché par certains clubs français et a dû partir en Espagne pour poursuivre sa formation et lancer sa carrière. C’est finalement à la Real Sociedad puis à l’Atlético de Madrid qu’il a pu démontrer toute l’étendue de son talent, jusqu’à devenir l’un des grands joueurs français de sa génération et un cadre de l’équipe de France.
Le talent ne se mesure pas uniquement à la taille, à la puissance ou à la capacité à gagner un duel physique. Il se mesure aussi à ce qu’un joueur est capable de faire avec un ballon, à sa compréhension du jeu et à sa capacité à créer des différences.
C’est précisément ce que nous espérons pour Hamidou Makalou à Bastia.
Nous espérons que le staff bastiais lui donnera réellement sa chance, qu’il lui accordera la confiance nécessaire et qu’il lui permettra surtout d’enchaîner les matches. Makalou doit pouvoir jouer, prendre des responsabilités et montrer ce qu’il est capable de faire lorsqu’il bénéficie d’un véritable temps de jeu.
Peut-être alors que cette saison en Corse permettra à certains de découvrir un joueur qu’ils n’ont pas suffisamment eu l’occasion de voir à Brest.
Et si Makalou parvient à exprimer pleinement son potentiel, il pourrait bien donner beaucoup de regrets à ceux qui ne lui auront pas accordé cette chance plus tôt.
À lui désormais de jouer, de travailler et de répondre sur le terrain.
Car parfois, la meilleure réponse à ceux qui vous ont sous-estimé reste encore de leur montrer ce qu’ils n’avaient pas voulu voir.








